Quel R.O.I pour les employés plurilingues ?

Nous sommes tous admiratifs des personnes parlant cinq langues, mais cela est-il vraiment utile ? Peut-on par exemple calculer le retour sur investissement d’un salarié parlant l’espagnol ?

Bonne nouvelle : oui, c’est possible. Selon Albert Saiz, économiste au Massachusetts Institute of Technology, la rémunération des personnes parlant espagnol en plus de l’anglais aux États-Unis est 1,5 % plus élevée que celle des monolingues. Les employés parlant français sont encore mieux payés (2,3%) et au sommet on trouve les salariés parlant allemand (3,8%). Généralement, les employés qui maîtrisent une langue en plus de l’anglais ont tendance à gagner plus. Pourquoi ?

L’offre et la demande

La maîtrise de l’anglais est liée à des salaires plus élevés, ce qui en retour permet aux pays d’investir dans la formation linguistique.  Il y a une corrélation nette entre le niveau d’anglais et le niveau de vie.

Mais l’anglais n’est pas la seule langue qui vaut la peine d’être apprise. Alors que de plus en plus de marchés émergent dans l’économie mondiale, d’autres langues sont à prendre en compte. Par exemple, le chinois est un choix opportun : c’est la langue la plus parlée au monde avec 1,2 milliard de locuteurs natifs et la deuxième langue la plus utilisée sur Internet. Même une langue comme le néerlandais, parlée par seulement 23 millions de personnes, a son importance : les Pays-Bas détiennent 1 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat, alors qu’ils ne représentent que 0,3 % de la population. Pour une langue aussi peu parlée, le retour sur investissement est donc très avantageux.

En Europe, l’apprentissage de l’anglais est généralisé. En 2014, 100 % des élèves suédois apprenaient l’anglais et la plupart des écoles européennes déclarent l’enseigner à 90 % de ses élèves. L’apprentissage d’une seconde langue étrangère est également courant : dans plus de 20 pays, les élèves privilégient l’apprentissage du français, de l’allemand, de l’espagnol ou du russe en plus de l’anglais.

Le Conseil de l’Europe dédie d’ailleurs chaque 26 septembre aux langues, en organisant des événements à travers le continent. Il s’agit de la « Journée européenne des langues », qui affirme le principe selon lequel « la diversité linguistique est une voie vers une meilleure communication interculturelle ».

Les marchés émergents

Mais pour une entreprise, [clickandtweet handle= » » hashtag= » » related= » » layout= » » position= » »]quel intérêt à recruter des employés parlant plusieurs langues ?[/clickandtweet] Une étude de la Cardiff Business School a calculé que le monolinguisme au Royaume-Uni fait perdre 48 milliards de livres sterling par an à l’économie britannique. Communiquer avec des clients à l’échelle internationale, est en effet incontournable pour une entreprise exportatrice. Les salariés plurilingues peuvent en plus mobiliser leurs connaissances culturelles et leur maîtrise de la langue pour mieux aborder les marchés étrangers, par l’accès aux sources d’information locales.

À l’exception de secteurs d’activité locaux par nature – ce qui est de plus en plus rare – une grande entreprise finit toujours chercher se développer à l’étrangger : c’est pour cela que les compétences linguistiques sont essentielles. Robert Lane Green, journaliste pour The Economist, a constaté que les plus grandes puissances économiques en rapport à leur population sont multilingues, comme le Luxembourg, la Suisse, Singapour ou encore la Scandinavie, où l’anglais est parlé couramment.

Si d’autres facteurs contribuent évidemment au succès des entreprises, la communication reste primordiale. [clickandtweet handle= » » hashtag= » » related= » » layout= » » position= » »]Les Suédois réussiraient-ils aussi bien s’ils ne parlaient pas l’anglais ?[/clickandtweet]

La communication interculturelle entre les entreprises gagne à s’améliorer afin de mettre un frein aux tensions et de gagner en rentabilité. Les employés multilingues rapportent plus d’argent à leur entreprise et leurs propres revenus sont supérieurs à la moyenne ; il y a donc tout à gagner en investissant dans une formation linguistique de qualité.

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